La prostitution dans L’Athènes antique

Article

writer873
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 18 janvier 2012

Texte original en Anglais : Prostitution in Ancient Athens

En tant que ville côtière et centre du monde grec antique, Athènes était fréquemment visitée par les marins et marchands qui amarraient leurs navires pour les affaires et la relâche. La présence de ces visiteurs dans la ville suscita un besoin en divertissement, et ce besoin fut comblé par l’émergence de la prostitution dans la période archaïque (800 - 500 AEC). La prostitution continua, et dans la période classique d’Athènes (au 5ème AEC), elle devint une industrie proprement dite pour les propriétaires de maisons closes, et les prostituées elles-mêmes. La présence de prostituées à Athènes, dont beaucoup étaient des esclaves employées par des bordels financés par l’État, fit la notoriété de la ville, et donna aux marchands entre-autres plus de raisons de s’arrêter à Athènes, et d'y rester un certain temps. Cela signifiait plus d’argent pour Athènes, et aida la ville à s’établir en tant que grand centre-ville cosmopolite.

Symposiast & Hetairai
Symposiast & Hetairai
by Sebastià Giralt (CC BY-NC-SA)
 

Hetaerai

La prostitution n’était pas une vocation qui se limitait aux esclaves. Souvent, une esclave était libérée par son propriétaire, ou achetait sa propre liberté en utilisant ses revenus. La femme libérée continuait alors dans la profession comme une sorte de travailleur autonome. Cependant, les prostituées devaient s’inscrire auprès de l’État en tant que telles et payer une lourde taxe pour pouvoir travailler dans ce secteur d’activité.

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Bien que généralement elles n’étaient pas considérées citoyennes de haut rang, certaines prostituées eurent l’occasion de s’affirmer non seulement physiquement, mais aussi intellectuellement. Les femmes connues sous le nom d’hetaerai, ou « compagnes », étaient physiquement magnifiques , mais aussi très instruites et artistiques. Ces femmes étaient une compagnie stimulante pour les Athéniens lors de fêtes arrosées (symposium), souvent beaucoup plus que leurs propres épouses. Aspasia, la compagne de longue date de Périclès, figure parmi les hetaerai les plus célèbres.

Le statut des prostituées

Les prostituées devaient s’inscrire auprès de l’État et payer une lourde taxe pour pouvoir travailler dans ce secteur d’activité.

Dans l’ Athènes classique, il était courant pour les hommes de se marier après l’âge de 30 ans. Par conséquent, les prostituées étaient souvent employées par de jeunes hommes  afin d’acquérir une expérience sexuelle avec une femme avant le mariage. Souvent, un Athénien prenait une prostituée dans sa maison comme propre concubine (il partageait également ses prostituées préférées avec ses amis). La concubine, qui vivait parfois avec un homme pendant plusieurs années, était alors considérée comme une sorte d’épouse de fait, jouissant des avantages d’une épouse légale, sauf que les enfants qu’elle mettait au monde n’étaient pas considérés citoyens à part entière.

Les hommes mariés pouvaient, bien sûr, profiter de la compagnie de prostituées. En plus de profiter de l’hetaera occasionnelle, les Athéniens mariés pouvaient également utiliser leurs esclaves féminines comme propriété sexuelle. Les épouses devaient tendre l’autre joue. Il existe des preuves qu’au moins une femme athénienne exigea le divorce de son mari volage, sans succès.

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Aspasia Surrounded by Greek Philosophers
Aspasia Surrounded by Greek Philosophers
by 7gE1GLrXxA0Pyg at Google Cultural Institute (Public Domain)

Les prostituées étaient chanceuses, et différaient des autres femmes athéniennes, en ce sens qu’elles étaient souvent indépendantes du contrôle d’un homme, et qu’elles gagnaient beaucoup d’argent. Cela leur donnait beaucoup de pouvoir, elles étaient connues comme gérantes de leurs propres maisons closes et finançaient même des édifices publics.

Aspects négatifs de la prostitution

Néanmoins, Il y avait un gros inconvénient à la prostitution dans l’Athènes classique. Beaucoup de femmes donnèrent naissance à plusieurs enfants, dont aucun n’était considéré citoyen.  Elles étaient obligées de les élever elle-mêmes. Ainsi, l’infanticide était une pratique assez courante chez les prostituées. Cela se serait produit plus fréquemment avec les bébés de sexe masculin, puisque les filles auraient eut la préférence afin de transmettre l'entreprise familiale.

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Les prostituées achetaient aussi souvent des femmes esclaves pour les former et les employer. Dans un secteur qui comptait sur la jeunesse et la beauté d’une femme, la prostituée vieillissante n’avait d’autre choix que de gagner de l’argent grâce au travail de ses filles et de ses stagiaires. Avec toute l'apparente liberté dont une prostituée athénienne pouvait jouir, liberté acquise au cours de sa vie professionnelle, il semblerait cependant qu’elle ait toujours été esclave, esclave de son propre corps.

Bibliographie

  • Fantham, E. et al. Women in the Classical World. Oxford University Press, New York, 1994
  • Pomeroy, Sarah. Goddesses, Whores, Wives, and Slaves: Women in Classical Antiquity. Scocken Books, New York, 1975
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About the Translator

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth is currently teaching English at the British Council, Milan. Fluent in French, English and Italian she has 25 years experience in the field of education. She enjoys travelling and learning about the history and heritage of other cultures.