Les sept merveilles

Définition

Joshua J. Mark
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 02 septembre 2009

Texte original en Anglais : The Seven Wonders

The Pyramids of Giza Panorama (by dungodung, CC BY-SA)

Les sept merveilles du monde antique étaient:

  • La Grande Pyramide de Gizeh, Égypte
  • Les Jardins Suspendus de Babylone
  • La Statue de Zeus à Olympe, Grèce
  • Le Temple d'Artémis à Éphèse
  • Le Mausolée d'Halicarnasse
  • Le Colosse de Rhodes
  • Le Phare d'Alexandrie, Égypte

Les Sept Merveilles étaient définies comme themata (Θέματα en Grec signifiant 'choses incontournables' que nous appellerions, en anglais courant, des 'must-sees' ) par Philon de Byzance en 225 AEC, dans son œuvre De Septem Orbis Spetaculis. D'autres auteurs tels qu'Hérodote, Callimaque de Cyrène et Antipater de Sidon ont également écrit sur ce sujet. Des sept merveilles originelles ne subsiste aujourd'hui que la Grande Pyramide de Gizeh.

La grande pyramide de Gizeh

La grande pyramide de Gizeh fut construite entre 2584 et 2561 AEC pour le pharaon Égyptien Pharaon Khoufou (connu en Grec sous le nom de 'Kheops') et fut la plus haute construction au monde pour près de 4,000 ans. Les excavations de l'intérieur de la pyramide ne commencèrent à proprement parler qu'à la fin du 18e et au début du 19e siècle EC et par conséquent la complexité de l'intérieur qui a tant intrigué les archéologues était inconnue des auteurs de l'antiquité. C'était la structure en soi, avec sa parfaite symétrie et hauteur imposante, qui impressionnait les visiteurs des époques reculées.

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Les jardins suspendus de Babylone

Les jardins suspendus de Babylone, s'ils ont bel et bien existé tels qu'ils ont été décrits, ont été créés par Nabuchodonosor II entre 605-562 AEC, comme cadeau pour sa femme. Ils sont décrits par l'écrivain Diodorus Siculus comme étant des plans irrigués couverts de flore et faune exotiques atteignant une hauteur de plus de 23 m (75 pieds) grâce à une série de terrasses en escalier. Diodorus raconta que, comme les montagnes et les fleurs de la terre natale d'Amytis de Médie, femme de Nabuchodonosor, lui manquaient terriblement, le roi ordonna qu'une montagne soit  érigée pour elle à Babylone. La polémique autour du fait que les jardins aient existé ou pas vient du fait qu'ils ne figurent nulle part dans l'histoire de Babylone et qu'Hérodote, 'le père de l'histoire' n'en fait aucune mention dans ses descriptions de Babylone. Cependant, il existe de nombreux autres lieux, faits et personnes dont Hérodote oublie de parler ou au sujet desquels il s’est trompé. Diodorus, Philon et l'historien Strabo affirment tous les trois que les jardins ont bel et bien existé. Ils furent détruits lors d'un tremblement de terre peu après le 1er siècle EC.

Statue de Zeus à Olympe

La statue de Zeus à Olympe a été réalisée par le célèbre sculpteur grec Phidias (reconnu comme le plus grand sculpteur du monde antique au 5e siècle AEC, il a également travaillé au Parthénon et à la statue d’Athéna à Athènes). La statue, représentant le dieu Zeus assis sur son trône, sa peau sculptée en ivoire et les draperies couvrant sont corps en or martelé et mesurant 12 m de hauteur (40 pieds), avait été conçue pour susciter l’émerveillement chez les fidèles qui venaient au temple de Zeus à Olympe. Cependant, tous n’étaient pas subjugués par la statue selon les écrits de Strabon:

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Bien que le temple soit très grand, le sculpteur est critiqué pour ne pas avoir tenu compte des proportions. Il montre Zeus assis, mais dont la tête touche presque le plafond, si bien que l’on a l’impression que si Zeus se levait, il passerait au travers du toit du temple. (Sept Merveilles)

Le temple d’Olympe tomba en ruine après la montée du Christianisme et l’interdiction d’organiser les Jeux Olympiques considérés ‘rites païens’. La statue fut alors transportée à Constantinople où elle fut par la suite détruite par un tremblement de terre aux alentours du 5e ou 6e siècle EC.

Statue of Zeus, Olympia
Statue of Zeus, Olympia
by de Quincy (Public Domain)

Le temple d’Artémis, Éphèse

Il fallut plus de 120 ans pour bâtir le temple d’Artémis à Éphèse (Ephesos), colonie grecque en Asie Mineure, et une seule nuit pour le détruire. Complété en 550 AEC, le temple, qui mesurait 129 m de long (environ 425 pieds) et presque 69 m de large (225 pieds), était supporté par 127 colonnes de 18 m de hauteur environ (60 pieds). Commandité par le riche Roi Crésus de Lydie, qui ne regardait jamais à la dépense dans tout ce qu’il faisait (selon Hérodote entre autres), le temple était tellement magnifique que chaque écrit le regardant était empreint d’émerveillement et tous s’accordaient pour le définir une des plus incroyables structures jamais réalisées par l’être humain. Le 21 juillet 356 AEC, un homme du nom d’Hérostrate y mit le feu afin, selon ses dires, de passer à la postérité pour avoir été celui qui précipita la destruction d’une chose aussi belle. Les Éphésiens décrétèrent alors que personne ne devait se souvenir de son nom ni même le mentionner par écrit, mais Strabon en pris note, en anecdote, dans l’histoire du temple. La nuit même où le temple prit feu, est né Alexandre le Grand et bien plus tard, il offrit de reconstruire le temple en ruines, mais les Éphésiens refusèrent sa générosité. Il fut reconstruit après la mort d’Alexandre mais fut de nouveau détruit durant l’invasion des Goths. Remis de nouveau à neuf, il fut irrémédiablement rasé au sol par une horde de Chrétiens menés par Saint Jean Chrysostome en 401 EC.

Model of the Temple of Artemis
Model of the Temple of Artemis
by Faigl.ladislav (GNU FDL)

Le mausolée d’Halicarnasse

Le mausolée d’Halicarnasse était la tombe du Satrape Perse Mausole, construite c. 351 AEC. Mausole choisit Halicarnasse pour capitale, et avec sa femme Artémise fit tout en son pouvoir pour créer une ville dont la beauté serait inégalée dans le monde entier. Mausole mourut en 353 AEC et Artémise désira créer une sépulture digne du grand roi qu’il était. Artémise mourut deux ans après Mausole et ses cendres furent entérrées avec celles de son mari dans le mausolée (Pline l’Ancien remarque que les ouvriers continuèrent à travailler au monument après sa mort, non seulement en hommage à leur bienfaitrice mais aussi sachant fort bien que cet œuvre leur apporterait une notoriété pérenne). La tombe mesurait 41 m de haut (135 pieds) et était ornée de magnifiques sculptures. Elle fut détruite lors d’une série de tremblements de terre et resta en ruines pendant des centaines d’années jusqu’en 1494 EC quand elle fut complètement démantelée par les Chevaliers de Saint Jean de Malte et réutilisée pour la construction de leur forteresse à Bodrum (où les anciennes pierres sont toujours visibles à ce jour).  C’est de la tombe du Mausole que dérive le mot français ‘mausolée’ ('mausoleum' en anglais).

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Lion from the Mausoleum at Halicarnassus
Lion from the Mausoleum at Halicarnassus
by Bigdaddy1204 (Public Domain)

Le colosse de Rhodes

Le colosse de Rhodes était une statue du dieu Hélios (Dieu protecteur de l’île de Rhodes) construite entre 292 et 280 AEC. Elle culminait à plus de 33 m de hauteur ( environ 110 pieds) surplombant le port de Rhodes et, contrairement à toutes les représentations fantaisistes, elle se tenait droite avec les jambes serrées sur un socle (tout comme la Statue de la Liberté dans le port de New York aux États-Unis qui a été conçue sur le modèle du colosse) et n’enjambait pas l’entrée du port. La statue fut commandée après la défaite de l’armée d’invasion de Démétrios en 304 AEC. Démétrios laissa derrière lui beaucoup d’équipement et d’armes qui furent vendus par les habitants de l’île pour la somme de 300 talents d’or (approximativement 360 million de dollars américains), somme qu’ils utilisèrent pour construire le colosse. La statue ne survécut que 56 ans avant d’être détruite par un tremblement de terre en 226 AEC. Elle gît dans toute sa splendeur pendant plus de 800 ans, selon Strabon, et était encore considérée une attraction touristique. Pline L’Ancien prétend que les doigts du colosse étaient plus grands que la plupart des statues de l’époque. Selon les dires de l’historien Théophane, les décombres de bronze furent finalement vendues à ‘un marchand juif d’Édesse’ aux alentours de 654 EC, qui les emporta sur 900 chameaux afin qu’elles soient fondues.

Ancient Rhodes by Frantisek Kupka
Ancient Rhodes by Frantisek Kupka
by Tony Hisgett (CC BY-NC-SA)

Le phare d’Alexandrie

Le phare d’Alexandrie, construit sur l’île de Pharos, se dressait à près de 134 m de hauteur (440 pieds) et avait été commandité par Ptolémée Ier Sôter. Sa construction fut complétée aux alentours de 280 AEC. Le phare était la troisième plus haute structure au monde jamais construite (après les pyramides), et sa lumière (un miroir qui reflétait les rayons de soleil le jour et un feu la nuit) était visible à plus de 36 miles (environ 50 km) en mer. La structure s’élevait à partir d’une base carrée en passant par une section octogonale au milieu pour finir tout en haut par une tour circulaire et ceux qui purent l’admirer dans toute sa gloire déclarèrent que les mots leur manquaient pour décrire toute sa splendeur. Le phare fut très endommagé lors d’un tremblement de terre en 956 EC, de nouveau en 1303 EC et 1323 EC et, en l’an 1480 EC, il avait complètement disparu. Le fort égyptien de Qaitbay se dresse aujourd’hui sur le site même du phare et fut construit avec des pierres provenant de ses ruines.

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Lighthouse of Alexandria [Artist's Impression]
Lighthouse of Alexandria [Artist's Impression]
by Ubisoft Entertainment SA (Copyright, fair use)

D'autres merveilles

Les sept merveilles du monde antique n’étaient, en aucun cas, une liste exhaustive convenue des structures les plus impressionnantes de l’époque. La liste était plutôt semblable à une brochure touristique actuelle informant les voyageurs sur les choses à voir lors de leur voyage. Les chefs-d’œuvre énumérés ci-dessus sont les merveilles traditionnellement acceptées, si bien répertoriées par Philon de Byzance,mais il y eut de nombreux écrivains après lui qui divergeaient sur ce qu’était une ‘merveille’ et ce qui n’était qu’une passade. Hérodote, par exemple, cite le labyrinthe égyptien comme étant bien plus fascinant que les pyramides de Gizeh, il écrit,

J’ai visité cet édifice et ai trouvé qu’il est au-dessus de toute description.  Si toutes les grandes œuvres de grecs pouvaient ne faire qu’une ,elles n’égaleraient pas ce labyrinthe. Les pyramides aussi étaient au-delà de toute description, mais le labyrinthe dépasse les pyramides.

Tous n’étaient pas d’accord non plus sur la plus belle de toutes les merveilles, comme l’atteste ce passage d’Antipater, louant le temple d’Artémis:

J’ai contemplé les murs de l’imprenable Babylone sur lesquels courent les chars, et le Zeus sur les rives de l’Alphée, J’ai vu les jardins suspendus, et le Colosse d’Hélios, les imposantes montagnes artificielles que sont les hautes pyramides et le gigantesque tombeau du Mausole; mais quand je vis la demeure sacrée d’Artémis, qui s’élève jusqu’aux nues, les autres furent rejetés dans l’ombre, car mise à part l’Olympe, le soleil n’a jamais rien contemplé de tel.

Antipater a également remplacé le phare d'Alexandrie par les murs de Babylone et Callimaque, entre autres, a listé la porte d’Ishtar à Babylone. La liste de Philon, cependant, a depuis lontemps été acceptée comme la définition ‘officielle’ des sept merveilles du monde antique. Une chose sur laquelle ils étaient tous d’accord cependant, est qu’il y a bien longtemps de cela, les hommes édifièrent des structures dignes du travail des dieux, et qu’une fois vues, elles ne pouvaient jamais être oubliées.

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About the Translator

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth is currently teaching English at the British Council, Milan. Fluent in French, English and Italian she has 25 years experience in the field of education. She enjoys travelling and learning about the history and heritage of other cultures.

About the Author

Joshua J. Mark
A freelance writer and former part-time Professor of Philosophy at Marist College, New York, Joshua J. Mark has lived in Greece and Germany and traveled through Egypt. He has taught history, writing, literature, and philosophy at the college level.
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