Paros

Définition

Mark Cartwright
par , traduit par Babeth Étiève-Cartwright
publié le 04 août 2013

Texte original en Anglais : Paros

Gorgon (by Mark Cartwright, CC BY-NC-SA)
Gorgon
by Mark Cartwright (CC BY-NC-SA)

Paros est une île du groupe des Cyclades au centre de la mer Egée. C’est la troisième île des Cyclades en superficie et sa position stratégique, sur d’importantes routes entre la péninsule grecque et la côte de L’Asie Mineure, en ont fait un centre d’importance depuis l’Âge du bronze jusqu’à l’époque romaine. Cette île était également célèbre pour la qualité de son marbre qui devint un matériau très prisé par les sculpteurs et architectes de l’antiquité.

Paros à l’Âge du bronze

Habitée depuis c. 3200 AEC (ou même plus tôt encore), la période du Cycladique Ancien I y a connu l’implantation de nombreux villages tels que Drios, Avyssos, Galana, Gremna, Kampos et Plastiras. Le niveau culturel relativement élevé à l’Âge du bronze ancien est attesté par la riche découverte de poteries décorées et de sculptures cycladiques qui représentaient d’élégantes figures en marbre de style minimaliste.

Supprimez la pub

Advertisement

Dans la capitale Parikiá (Paroikia) située sur la côte ouest de l’île les premiers signes de colonisation datent du 2e millénaire AEC et la région fut continuellement habitée durant les époques minoennes et mycéniennes et colonisée par des colons venus d’Attique c. 1000 AEC et occupée jusqu’en 700 AEC environ. Sur la côte nord, à Naoussa, se trouvait une colonie mycénienne qui prospéra au 13e siècle AEC mais fut anéantie aux alentours de 1200 AEC. Néanmoins, le site fut occupé de nouveau au 10e siècle AEC et jouit d’une période de prospérité du 9e jusqu’au milieu du 7e siècle AEC. Koukounaries sur la côte est était également un important centre mycénien entre le 13e et le 12e siècle AEC et continua ainsi jusqu’au milieu du 7e siècle AEC. Ce fut là, à Koukounaries, que le plus ancien temple de l’île fut construit, le temple d’Athéna, qui datait de c. 700 AEC et qui survécut jusqu’à la période classique.

L’importance de la mer dans la culture et le commerce de l’île est démontrée par d’anciennes pièces de monnaies représentant des dauphins.

Commerce & prospérité

De 700 à 500 AEC Paros devint un centre de commerce prospère grâce aux liens maritimes, en effet, les Pariens auraient inventé un nouveau type de navire, un bateau léger appelé paron. La production agricole des plaines fertiles de l’île ainsi que des objets issus de l’artisanat étaient échangés entre les îles des Cyclades. L’importance de la mer dans la culture et le commerce de l’île est démontrée par d’anciennes pièces de monnaies représentant des dauphins et la richesse de l’île amena la naissance d’une colonie sur Thasos dans le nord de la mer Egée en c. 680 AEC qui a son tour produisit encore plus de richesses après l’ouverture de mines d’or à cet endroit. Paros participa également au développement de la ville marchande de Parion (Parium) dans le Hellepont et de notables contributions culturelles dans le monde grec en general incluaient les œuvres du poète Archiloque au 7e siècle AEC (qui a même eu un temple en son honneur dans les périodes archaïques et classiques, l’Archilocheion) ainsi que la création du style de poterie ‘Mélien’. En 385 AEC Paros, avec l’aide de Syracuse, fonda également la colonie de Pharos (Hvar aujourd’hui) sur la côte dalmate. Au 4e siècle AEC l’île pouvait sans doute vanter une population de près de 12 000 personnes.

Paros devint aussi célèbre pour son marbre -lychnites- qui dès la période archaïque fut exporté dans tout le monde grec et même au-delà. Réputé pour sa translucidité, il était d’une blancheur pure et devint vite le préféré des architectes et des sculpteurs. Par exemple, les chefs-d’œuvre suivants, le Hermès de Praxitèle à Olympie du 4e siècle AEC et la Niké de Samothrace du 2e siècle AEC, ont été sculptés dans du marbre de Paros. L’école de sculpture de l’île jouissait d’une grande renommée et forma de célèbres sculpteurs tels que Agoracritos au 5e siècle AEC et Scopas au 4e siècle AEC, qui respectivement contribuèrent à la construction du temple d’Athéna à Tegée et celui d’Artémise à Éphèse. Les sculpteurs pariens continuèrent encore d’être très recherchés dans une bonne partie de la période romaine de laquelle proviennent des sarcophages en marbre. Le musée archéologique de Parikiá possède également deux superbes exemples du talent des sculpteurs pariens: la Gorgone ailée géante du 6e siècle AEC et une statue de Niké datant du 5e siècle.

Supprimez la pub

Advertisement

Cycladic Figurine c. 2400 BCE
Cycladic Figurine c. 2400 BCE
by Mary Harrsch (Photographed at the Getty Villa, Malibu) (CC BY-NC-SA)

Conflits régionaux

Paros n’a pas toujours vécu en paix malgré ou peut-être même, à cause de la prospérité de l’île. Les conflits avec la sempiternelle rivale Naxos, île voisine des Cyclades, se terminaient souvent en défaites et en 489 AEC le général athénien Miltiade assiégea l’île pendant 26 jours avec une flotte de 70 navires, quoique sans grand succès et se retrouvant même blessé. Le prétexte pour cette attaque fut le fait que Paros avait été pro-perse lors des guerres persiennes et fut accusée d’avoir fourni des navires aux Perses avant la bataille de Marathon. En 478 AEC, Paros fut cependant obligée de se joindre à la confédération athénienne et l’île devint même l’un de ses plus importants bailleurs de fonds. En 403 AEC avec la fin de la guerre du Péloponnèse Paros tomba aux mains de Sparte jusqu’à ce que les Athéniens ne se réimplantent dans les Cyclades et Paros dut alors se joindre à la deuxième confédération athénienne ou Ligue de Délos en 374 AEC. Suite à L’invasion de la Grèce par la Macédoine, la ligue fut dissoute et Paros fut proclamée polis ou cité-État libre et autonome. En 145 AEC l’île tomba sous contrôle romain et continua de s’épanouir.  A partir du 7e siècle EC, l’île, ainsi que ses voisines cycladiques, devint un repaire de pirates et sa longue période de propérité prit fin.

Sites archéologiques de Paros

Le sanctuaire d’Apollon et d’Artémis – le Delion– à Parikiá fut créé à la fin du 9e siècle AEC et continua d’être utilisé jusqu’au 5e siècle AEC. Il existait un second sanctuaire dédié à Apollon au sud de Parikiá, le sanctuaire d’Asclépios qui fut fondé au 4e siècle AEC et sur la colline de Kastro il y avait un sanctuaire dédié à Athéna, protectrice de Parikiá qui comprenait un temple construit en c. 525 AEC. Mesurant 32,86 m par 16,6 m, avec une façade de six colonnes ioniques, seule la partie Est a survécu. Des morceaux du temple ont été réutilisés dans la forteresse vénitienne médiévale qui phagocyta aussi des parties du portique qui avait été réparé et étendu au 2e siècle EC. Les vestiges de maçonnerie tels que les linteaux et les tambours de colonnes sont clairement visibles dans les murs de la forteresse actuelle. De même, un temple à Hestia, un autre à Dionysos et Perséphone et un théâtre, tous confirmés par les archives, ont disparu depuis, leurs inestimables pierres taillées ayant été réutilisées dans des constructions successives ou leur site ayant été recouvert en totalité.

Supprimez la pub

Advertisement

D’autres découvertes archéologiques importantes comprennent des parties de l’ancienne fortification de Parikiá datant du 6e siècle AEC qui entourait la ville créant un périmètre de 2,5km. Il y avait aussi divers bâtiments publics romains, des villas hellénistiques, un atelier de poterie hellénistique et un cimetière tout juste hors de Parikiá qui avait été utilisé du 8e siècle AEC au 3e siècle EC. Enfin, la ville de Parikiá est toujours dominée par la superbe église de Panayia Ekatondapyliani ou Katapoliani, construite au 6e siècle EC par Justinien, qui vante 100 entrées et fut construite sur le site même du gymnase romain.

Supprimez la pub

Publicité

Traducteur

Babeth Étiève-Cartwright
Babeth is currently teaching English at the British Council, Milan. Fluent in French, English and Italian she has 25 years experience in the field of education. She enjoys travelling and learning about the history and heritage of other cultures.

Auteur

Mark Cartwright
Mark is a history writer based in Italy. His special interests include pottery, architecture, world mythology and discovering the ideas that all civilizations share in common. He holds an MA in Political Philosophy and is the Publishing Director at AHE.